Suivi d'espèces

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Les éditions papiers

Retrouvez les 18 premières éditions papier de l'observatoire savoyard de l'environnement

Le gypaète barbu en Savoie

Source : Parc national de la Vanoise - mise à jour 2018


Le gypaète barbu est l'un des plus grands vautours établis en Savoie ; il a la particularité de se nourrir en partie d'os de carcasses. Après sa disparition des Alpes au début du XXe siècle, il a été réintroduit à partir de 1986 dans le cadre d'un vaste projet impliquant la plupart des pays de l'arc alpin ; 190 oiseaux ont été lâchés dans les Alpes et le Massif central, et il est à nouveau visible dans le ciel de Savoie depuis 1989. La population alpine est considérée comme viable depuis 2006. Les lâchers se poursuivent pourtant afin de favoriser la diversité génétique et de créer un lien entre les Alpes et les Pyrénées par des réintroductions dans les Causses (cf. programme LIFE GYPCONNECT 2015–2021). Deux noyaux de population apparaissent désormais : en Suisse orientale et autour du Mont-Blanc (Savoie, Haute-Savoie, Valais, Val d'Aoste).

Les 11e international bearded vulture observation days (prospection internationale organisée à l'échelle de l'arc alpin), rassemblant professionnels du Parc national de la Vanoise et bénévoles de la LPO, ont permis, en octobre 2017, d'observer 58 individus en Savoie. La population alpine totale a, quant à elle, été estimée entre 172 et 218 animaux en 2016, et entre 208 et 251 en 2017.

Le gypaète barbu se reproduit en nature depuis 1997 (1ère naissance alpine en Haute-Savoie) et depuis 2002 en Savoie.

Six couples sont suivis par le Parc national de la Vanoise (Termignon, Bessans, Gorges de la Daille sous Val-d'Isère, Peisey Nancroix, les Chapieux et enfin Pralognan découvert cette année) sur les 42 couples reproducteurs désormais connus sur la chaîne alpine. En 2017, ce sont 31 jeunes gypaètes qui se sont envolés sur l’ensemble des Alpes dont 5 poussins en Vanoise. Des oiseaux adultes, ou des jeunes, sont par ailleurs observés, surtout au nord (Aravis) et dans l'est du département (Beaufortain, Vanoise, Encombres, Thabor-Galibier).

La stratégie démographique du gypaète barbu est basée sur une durée de vie très longue (20 à 30 ans en nature), une reproduction rare (1 jeune tous les 2 à 3 ans) et tardive (à partir de 7 ans). Le maintien de la population nécessite donc une faible mortalité des adultes.

Ainsi, il convient de minimiser les risques de mortalité des adultes pour assurer le succès des opérations de réintroduction. Des cas de mortalité sont connus en Savoie dont certains concernent des percussions sur des lignes électriques. Avec l'empoisonnement (au plomb pour l'essentiel), les câbles aériens représentent la menace majeure pour la survie des grands rapaces. Pour limiter ces risques, le Parc national de la Vanoise travaille depuis plus de 10 ans avec ses partenaires pour identifier les zones les plus dangereuses et équiper les lignes électriques et les remontées mécaniques de dispositifs de visualisation qui bénéficient à toute l'avifaune.

En savoir plus : Observatoire savoyard de l'environnement - inventaire et visualisation des câbles aériens dangereux pour les oiseaux en Savoie.

Le printemps dernier, un gypaète adulte a été blessé mortellement par une ligne à haute tensions sur la commune de Valezan en période de reproduction. Ce gypaète adulte était le mâle du couple de Peysey Nancroix, ce qui signifiait qu'il laissait seul le deuxième parent pour s'occuper d'un poussin âgé d'un mois seulement. Le Parc de la Vanoise a organisé une mobilisation importante avec l'aide de plusieurs institutions et associations ce qui a permis de sauver ce poussin. Aujourd'hui, il fait parti des 5 poussins qui se sont envolés en Vanoise.

Dans la perspective de réduction des risques de percussion et d'électrocution ainsi que les causes de mortalité pour le gypaète barbu et les espèces associées, le projet européen intitulé LIFE GypHelp (financement européen Life+ 2014-2018) a vu le jour en 2014.

La tranquillité des aires entre décembre et juillet est aussi la clé du succès de la reproduction. Pour cela, des actions de concertation et de communication vers les professionnels et le grand public sont mises en place autour des sites de nidification.

Le gypaète barbu témoigne par son retour de la qualité d’un environnement abondant en ongulés sauvages et domestiques et de la présence de milieux de vie favorables et préservés.

Observatoire savoyard de l'environnement : bilan 2016 sur le gypaète barbu en Savoie.

Le vautour fauve en Savoie : suivi 2017 des populations

Source : LPO - Mise à jour 2018

Le suivi de la population de vautours fauves en Savoie est basé sur :

  • les observations cumulées de nombreux ornithologues bénévoles et de quelques professionnels oeuvrant dans le domaine de l’environnement qui parcourent toute l’année le département (en sachant que tous les secteurs ne sont pas non plus fréquentés avec la même régularité) ;
  • une action d’envergure sur les Alpes françaises et leurs abords frontaliers à la mi-août, consistant dans un comptage simultané des oiseaux sur les différents sites dortoirs connus du département ;
  • d’éventuelles lectures de bagues dont certains individus sont porteurs (ou de décoloration de plumes) permettant des identifications à l’échelle européenne, qui apportent des informations complémentaires pour la connaissance de la dispersion et de la biologie de ces oiseaux à très large rayon d’action.


Bilan du comptage estival 2017


L’effectif très élevé obtenu en Savoie (631 individus) s’explique par le dérochement d’une partie d’un troupeau ovin sur dans le Beaufortain (secteur du Grand Mont) qui a rapidement rassemblé les groupes de vautours fauves présents aux alentours (une centaine dès le lendemain, puis plus de 400 la semaine suivante lors de l’opération de comptage). Cet évènement a concentré plus de la moitié des effectifs constatés sur le département le jour du comptage (19/08/17). En contre partie, certains sites dortoirs connus du département ont rassemblé peu d’individus en comparaison des fréquentations régulièrement observées tout l’été et ces dernières années.

L’évolution à la hausse des effectifs sur les Alpes (2459) peut être mis en rapport avec :

  • l’accroissement du nombre des couples nicheurs (447 couples reproducteurs recensés en 2017 dans les Préalpes du sud (Baronnies, Diois/Vercors et Verdon) et 570 dans le Massif Central) ;
  • une meilleure connaissance des sites dortoirs par les équipes de suivi ;
  • une météo très favorable sur l’ensemble du massif alpin lors de cette édition ;

Toutefois, en l’absence de suivis des effectifs présents à la même période sur les autres grands massifs (Pyrénées et Massif Central) accueillant de fortes populations de vautours fauves, ces chiffres ne peuvent être interprétés comme un accroissement net sur le massif alpin.
Les effectifs fréquentant les Alpes internes en estive augmentent ainsi chaque année de façon concomitante avec la dispersion des oiseaux vers le nord (Haute-Savoie, Suisse) et l’est (Italie).

Année Département de la Savoie Alpes françaises et bordures frontalières
2010 50 765
2011 148 1162
2012 195 1479
2013 182 1622
2014 295 1674
2015 151 1720
2016 * *
2017 631 2459

* Effectifs 2016 non exploitables du fait d’un comptage trop partiel dû à de mauvaises conditions météorologiques.

Fréquentation de la Savoie en 2017

 

L’important effectif total (631) a pour origine une concentration d’individus induite par le dérochement d’une partie d’un troupeau ovin (cf. ci-avant) ; sur ce site ont également été constatés pendant plusieurs semaines des vautours moines et des gypaètes barbus, tous venant ici assurer leurs rôles complémentaires d’équarrisseurs naturels.
Si l’on excepte cette concentration ponctuelle, peu d’évolution en 2017 dans les effectifs régulièrement observés localement (sur les dortoirs, lors de curées ou en circulation), individuellement ou par groupes de taille variable, les vautours prospectent maintenant chaque été toutes les zones ouvertes d’altitude du département. Les contacts sont toutefois plus rares sur la zone cœur de la Vanoise par rapport aux massifs environnants. La fréquentation des massifs frontaliers de l’est du département se confirme, tout comme celle de la rive gauche de l’Arc en Haute Maurienne, ce qui est cohérent avec la progression de l’espèce sur le massif alpin, débordant maintenant fortement vers l’Italie. La période de présence s’étale toujours d’avril à octobre, avec un pic de fréquentation en fin d’été.