Evolution des glaciers mise à jour 31/12/2017

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Evolution des glaciers

Les glaciers alpins en régression quasi-constante depuis le début du 20e siècle

L’évolution des glaciers est fortement conditionnée par celle des conditions climatiques. Le volume d’un glacier dépend de l’équilibre entre l’accumulation de neige à sa surface qui contribue à apporter de la masse (principalement en hiver dans les Alpes), et la perte de neige et de glace, principalement par fusion, qui contribue à soustraire de la masse, en été dans nos régions. Le bilan de masse annuel, en chaque point du glacier, représente la somme de ces deux termes pour une année,. Il dépend donc directement des conditions météorologiques rencontrées pendant les périodes hivernale et estivale.

L’Institut des géosciences de l’environnement (IGE), unité de recherche du Centre national de recherche scientifique (CNRS) et de l’Université Grenoble Alpes porte, avec différents partenaires, un service d’observation appelé GLACIOCLIM (les GLACIers, un Observatoire du CLIMat) destiné à mesurer les bilans de masse glaciaires (et d’autres variables) sur 5 glaciers des Alpes françaises, 2 glaciers des Andes (Bolivie et Equateur), 1 glacier de l'Himalaya (Népal) et 2 sites en Antarctique.

En Savoie, le glacier de Saint-Sorlin-d’Arves, en Maurienne, et le glacier de Gébroulaz en Vanoise, font partie de ce réseau et leurs très longues séries d’observations sans discontinuité sont un atout précieux dans la compréhension des relations glaciers-climat.

Ces observations montrent que les glaciers alpins sont en régression depuis le début du 20e siècle. Ce phénomène s’est intensifié à partir du milieu des années 80 et s’est encore accéléré depuis 2003.
Les conditions de fonte estivales (saisons de fonte plus longues, début de la fonte printanière un peu plus précoce, températures estivales plus élevées) expliquent cette accélération observable sur tous les glaciers des Alpes françaises.

Ainsi, entre le début du 20e siècle et fin 2017, le glacier du Gébroulaz présente une perte d’épaisseur moyenne de près de 34 m de glace sur l’ensemble de sa surface.
Naturellement, cette perte est plus importante à basse qu’à haute altitude. Le glacier a également reculé d’environ 1,6 km. Saint-Sorlin, dans la même période, a perdu l’équivalent de 68 m de glace en moyenne sur toute sa surface.

Si les pertes d’épaisseurs sont différentes chaque année d’un glacier à un autre, en revanche, l’évolution interannuelle est très semblable sur ces deux glaciers (si un glacier perd de la glace, l’autre aussi ; réciproquement, si l’un en gagne, l’autre aussi) : l’évolution des glaciers est ainsi un très bon indicateur régional des variations du climat (voirphotos ci-dessous).

3 photographies du glacier de Saint-Sorlin-d'Arves, successivement en 1943, 2005 et 2015, avec, cerclées en rouge pour 2005 et 2015, les différences visibles à 10 ans d'intervalle.

Source : Institut des géosciences de l’environnement - Service d’observation Glacioclim